Souffrance au travail et risques psychosociaux

Si les risques pour la santé traditionnellement associés au travail n’ont pas disparu, de nouveaux risques plus difficiles à identifier viennent s’y ajouter. Ce sont des risques dits « psycho-sociaux », que manifestent le développement sans précédent du mal-être et de la souffrance au travail, voire du harcèlement moral. Cette souffrance engendre par ordre de risque : des maladies cardio-vasculaires, des problèmes de santé mentale (dépression)  et des troubles musculo-squelettiques (tendinites, sciatiques).

1) Pourquoi sommes-nous si nombreux à avoir un sentiment de mal-être ?

Dans le contexte d’un libéralisme économique exacerbé, les salariés sont hypersollicités et le travail intensifié. Les nouvelles pratiques de gestion et d’organisation génèrent des souffrances psychiques qui ont trait à la dignité et à l’estime de soi. Dans la fonction publique aussi, les organisations du travail se déshumanisent et engendrent des risques de souffrance professionnelle. Les conclusions de l’étude menée par le Cabinet Technologia sont assez claires et reviennent sur des éléments de diagnostic régulièrement dégagés par la CGT.

2) Quels sont les facteurs de risque ?

Certaines formes d’organisations produisent des risques pour celles et ceux qui y sont soumis dans leur travail. Un collège d’expertise a repéré 6 axes qui exposent les salariés à des risques de souffrances : exigence, pressions au travail – exigence émotionnelle, épuisement – degré d’autonomie dans le travail, concertations , décisions – relations dans le travail, clarté des consignes, pilotage – conflits de valeurs – insécurité d’emploi.

3) Peut-on agir  et comment ?

Prévenir la souffrance au travail constitue un défi complexe. Il faut s’attacher à la fois à l’individu et à son histoire particulière et au collectif de travail avec lequel l’individu est en interaction. Il faut réintroduire la dimension collective, la solidarité des salariés, face à l’individualisation. La région Île de France ne se décide toujours pas à prendre les décisions et les mesures imposées par la gravité de certaines situations. Nous attendons le résultats de l’enquête menée auprès des agents des lycées et reviendrons vers vous dès leur parution, pour une analyse complète dans notre prochain journal.

Si vous êtes témoin d’une situation inquiétante pour un de vos collègues, vous devez impérativement alerter votre supérieur, et avertir votre délégué ou notre syndicat, aux coordonnées figurant en tête du journal.

Pour l’heure, parce que l’enjeu est prioritaire, la CGT poursuit son combat et demande la prise en compte des situations facteurs de risques, et la mise en œuvre de réponses fortes appropriées face à chacune d’entre elle, dans un plan de prévention des risques psychosociaux. Les élus cgt au CHS resterons vigilents et proteront ces éléments devant leur instance paritaire.